Pourquoi le garde-barrière Thiel n'est-il pas condamné pour meurtre ?

Vous pourriez vérifier quels éléments du texte font référence à l'irresponsabilité pénale de Thiel...

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Cher chercheur, chère chercheuse


Ma question porte sur le livre « Bahnwärter Thiel ». À la fin, après le meurtre de sa femme et de son enfant, Thiel est qualifié de fou sans grande discussion et emmené dans un hôpital psychiatrique.


Je n’ai pas compris cette conclusion, car les proches de Thiel en savent beaucoup moins sur lui que les lecteurs. En conséquence, il devrait s’agir en réalité d’une affaire de meurtre de premier ordre. Cela est-il expliqué d’une manière ou d’une autre, ou s’agit-il simplement d’un choix stylistique ? Ma professeure n’a malheureusement pu me donner qu’une réponse vague à ce sujet.


Cordialement

Cher Naim Lüthy,


merci beaucoup pour cette question intéressante, qui porte sur l’un des thèmes centraux abordés par Hauptmann dans son « étude romanesque ».


En effet, seules deux phrases, tout à la fin, sont consacrées à la « punition » de Thiel, c’est-à-dire à son internement dans un établissement psychiatrique. Cependant, la responsabilité de l’acte n’est jamais remise en cause – c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas, comme dans le polar classique, de savoir qui a commis le crime –, mais l’accent est plutôt mis dès le début sur la question de savoir comment le crime a pu se produire.


Le fait que Thiel ne soit finalement pas condamné pour meurtre, mais interné en tant que malade mental, tient sans doute au fait qu’il est considéré par les autorités comme irresponsable pénalement et donc non imputable. Ce n’est pas la culpabilité au sens de l’auteur du crime qui est en cause, mais la responsabilité pénale de l’auteur, c’est-à-dire la question de savoir si, en raison de son état psychique, celui-ci peut être tenu pour responsable de son acte.


Dans la description qu’en fait Hauptmann, Thiel présente les symptômes d’une maladie mentale (notamment des hallucinations) et se trouve dans une situation de crise aiguë suite au décès de son fils aîné ; à la fin, il est qualifié de « fou » et de « malade ». Aujourd’hui encore, le droit pénal prévoit qu’une mesure thérapeutique puisse être ordonnée à la place d’une peine en cas d’incapacité de responsabilité constatée.


Il convient toutefois de préciser que le texte laisse finalement en suspens la question de savoir si Thiel restera interné en psychiatrie à long terme ou s’il fera l’objet d’un procès, au cours duquel sa responsabilité pénale serait très probablement également examinée.


Si vous souhaitez approfondir cette question passionnante, vous pourriez vérifier quelles indications concernant l’irresponsabilité pénale de Thiel se trouvent dans le texte et à quel moment. Les commentaires et interprétations de cette célèbre œuvre de Gerhart Hauptmann, que vous devriez pouvoir trouver dans une grande bibliothèque, vous fourniront bien sûr également des pistes de réflexion.


J’espère que ces informations vous seront utiles et je vous souhaite de continuer à prendre plaisir à interpréter la fin du texte.


Cordialement,

Lucas Gisi